La richesse de l’autre
Nous venons de mener une retraite à Briscous au Pays Basque avec Mar Moreno. Nous l’avons intitulée La création, un processus vivant.
Nous avons établi un plan par journée avec une vue d’ensemble des quatre jours, un cheminement.
Intuitivement, nous avons nommé la première journée: Se rencontrer soi, la deuxième: Rencontrer l’autre, la troisième: Rencontrer plus grand que soi, la dernière: Rencontrer son nouveau soi nourri par les trois derniers jours.
Attention à ce que vous demandez!!! Car nous avons reçu exactement cela mais dans des proportions que nous n’avions pas imaginé.
Je vais parler pour moi.
Honnêtement, je travaille seule dans mon atelier, j’adore collaborer, j’adore créer avec d’autres artistes, mais j’aime bien être seule. Je n’ai pas choisi ce métier au hasard. J’aime baigner dans mon énergie, j’aime me laisser traverser par un paysage. Mais la rencontre avec l’autre reste furtive. Je ne dirais pas accessoire mais pas forcément indispensable.
Ben là, j’ai été un peu chamboulée dans mes croyances.
A la fin des quatre jours, j’ai écrit en gros dans mon carnet: LA RICHESSE DE L’AUTRE.
De tout mon corps.
J’ai compris à un niveau cellulaire, non seulement que l’autre est une richesse par l’inventivité de ses propositions, par la créativité qui devient possible à deux, à trois, à dix, mais que sans l’autre, je ne PEUX PAS ouvrir les possibles comme je peux le faire en présence d’une autre personne. Je ne PEUX PAS SEULE explorer l’infini de l’univers. JE PEUX le faire, mais je ne peux le faire qu’en partie. Je peux ouvrir des portes, mais pas autant de portes, pas les mêmes portes, pas avec la même profondeur, la même qualité, la même présence.
Et puis bien sûr, vient la question suivante:
Où commence l’autre? Où s’arrête moi?